Le vent pourrait bientôt tourner pour trois familles à faible revenu de
l’est de Montréal qui, grâce à l’organisme Habitat pour l’humanité, verront leur
rêve d’être un jour propriétaire devenir réalité.
L’arrondissement Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est
pourrait être l’hôte, d’ici 2005, de trois nouvelles constructions qui
abriteront des familles de trois enfants et plus dont le revenu moyen ne dépasse
pas le seuil de pauvreté.
«Habitat pour l’humanité possède actuellement
trois terrains sur le boulevard Perras [dans Rivière-des-Prairies] mais ceux-ci
ne dispose d’aucune infrastructure. On aimerait bien les échanger pour d’autres
terrains afin de débuter la construction de trois nouvelles maisons pour les
familles à faible revenu», explique Maria-Thérésa Corredor, directrice du comité
de l’est pour l’organisme fondé en 1968 en Georgie, aux États-Unis, par une
riche américaine du nom de Linda Fuller et son mari. La mission première de
l’organisme à but non lucratif est de construire des maisons unifamiliales pour
loger les familles à faible revenu.
Depuis sa fondation, l’organisme a
permis la construction de 135 000 maisons à travers le monde, dont 500 au
Canada. L’organisme tarde cependant à faire sa marque au Québec où seulement
trois résidences ont été érigées depuis 1998 dans le quartier St-Henri.
Les
trois constructions prévues pour l’arrondissement RDP/PAT/Mtl-Est seraient donc
une étape importante à l’expension de l’organisation au Québec et à Montréal.
«Nous avons plusieurs terrains qui nous ont été donnés ou que nous avons
acquis sur l’île de Montréal mais cette année, notre priorité sera mise dans
l’Est où les besoins sont criants», mentionne Mme Corredor.
La survie
d’Habitat pour l’humanité est assurée grâce aux dons des grandes entreprises ou
de particuliers. Qu’ils soient en argent ou en matériel (outils, matériaux,
etc.), tous les dons sont acceptés. L’organisme travaille par ailleurs avec des
spécialistes pour mettre en place les infrastructures de base et le reste de la
construction des maisons est assumé par des bénévoles. À ce sujet, les familles
sélectionnées doivent elles-mêmes donner 500 heures de bénévolat à la
construction de leur maison. «Les familles bénévoles font leurs heures dans des
domaines où elles ont des aptitudes, spécifie Maria-Thérésa Corredor. Ça peut
être autant au sein du comité que sur le chantier.»
Les autres critères
observés pour la sélection des familles est d’abord le désir de vouloir une
maison. Les familles doivent également travailler, elles ne peuvent être sur
l’aide sociale, mais leur revenu doit être considéré comme faible. Elles doivent
enfin s’engager à défrayer les coûts de l’hypothèque sur une période de 25 ou 30
ans, sans aucun intérêt, à un montant qui ne dépassera pas 25 % de leur budget.
Une fois tous ces critères remplis, une enquête sera effectuée sur les familles
choisies afin de s’assurer de la validité des informations fournies sur la fiche
d’inscription.
Une fois qu’elles sont propriétaires, les familles s’engagent
à ne pas se départir de la maison avant au moins 12 ans et si elles souhaitent
la vendre après ces années, elles devront d’abord le faire auprès de Habitat
pour l’humanité qui pourra revendre la maison à une autre famille dans le
besoin.
La directrice du comité de l’est est d’avis que la construction de
telles maisons permet à des familles de se bâtir une fierté et une dignité et
change l’image que la société peut parfois avoir d’elles. Les gens sont
propriétaires, au même titre que quiconque procède à l’achat d’une maison en
passant par la banque.
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